jeudi 12 avril 2012


Le tableau blanc ou le tableau noir?

Le 23 février 2011, Jean Charest lançait un discours concernant un programme de 240 millions de dollars en cinq ans pour procurer des tableaux blancs interactifs à toutes les classes des écoles primaires et secondaires. Rapidement, on peut comprendre l’émergence de la technologie dans l’éducation. 
La presse se demandait ce qui justifiait ce lancement de plusieurs millions de dollars. Le ministère de l’Éducation a répliqué que «La mesure repose sur des analyses effectuées par le Ministère. Les TIC ont un potentiel pour favoriser la réussite scolaire par des approches pédagogiques stimulantes et des ressources didactiques variées offrant la possibilité de différenciation des enseignements.» Cependant, plusieurs, tel que Larry Cuban, restent perplexes. Ce professeur émérite de pédagogie à l’Université Stanford mentionne que: «On trouvera difficilement une recherche prouvant que ces machines améliorent la performance scolaire».
Des millions de dollars sont investit pour des TBI sans même savoir si ils favorisent  la réussite scolaire tandis que des postes en orthopédagogie, en orthophonie sont limités dans les écoles primaires et secondaires. Je ne suis pas contre l’investissement pour des outils technologiques, mais il y a un juste milieu. De plus, plusieurs annoncent que même si les écoles étaient toutes munies de TBI, la plupart ne saurait même pas comment s’en servir. En fait, ils l’utiliseraient comme un tableau noir, donc les avantages du TBI ne seraient pas exploités. Alors une question me vient à l’esprit: pourquoi investir tant d’argent pour un matériel technologique sans avoir de formation? Justement, on veut améliorer l’enseignement, motiver les élèves, réduire le décrochage scolaire en investissant dans des technologies, mais en n’investissant pas dans la formation de son personnel. Il est clair que les outils technologiques ne peuvent être mis de côté puisque ceux-ci font parti intégrante de l’ère d’aujourd’hui, mais il faut aussi prendre en considération que plusieurs enseignants, maintenant assez âgés, n’ont pas grandi dans un environnement si technologique. Enfin, le TBI deviendrait avantageux si la clientèle qui s’en servait serait outillée et formée.
Enseigner avec un tableau blanc interactif sans savoir réellement comment l’exploiter et enseigner avec un tableau noir, revient en fait à la même chose, avec en prime des restrictions budgétaires. 

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