vendredi 13 avril 2012


La technologie enlève-t-elle le goût de lire?



Les multiples outils technologiques enlèvent l’envie des jeunes de lire un bon petit roman. C’est ce que plusieurs parents mentionnent, révèle le rapport 2010 Kids&Family Reading Report, publié tous les deux ans par les Éditions Scholastic, qui se spécialisent dans les livres jeunesse. Un sondage a été mené en 2010 aux États-Unis auprès de 1045 élèves âgés de 6 à 17 ans ainsi que leurs parents, soit 2095 répondants au total.
En fait, lorsque l’enfant est jeune, il a plus tendance à lire pour le plaisir, tandis qu’à l’adolescence, cet intérêt diminue fortement. Le temps antérieurement consacré à la lecture est maintenant consacré aux jeux vidéo, aux jeux d’ordinateur. Ce n’est qu’en vieillissant un peu que ce temps est consacré à parler au cellulaire et à envoyer des messages texte. On considère que seulement 24% des adolescents de 15 à 17 ans lisent fréquemment. Mais qu’en est-il de la lecture sur l’ordinateur: lecture de site web, de livre, d’informations, de nouvelles? N’est-ce pas de la lecture en soit?
«L'omniprésence des appareils électroniques n'a toutefois pas que des effets négatifs: le quart des élèves interrogés ont déjà lu un livre sur un support électronique, tel un ordinateur. La majorité des jeunes de 9 à 17 ans démontrent également beaucoup d'intérêt pour ce genre de lecture, principalement sur les tablettes numériques. Une minorité d'entre eux y ont toutefois accès.» Donc l’intérêt pour la lecture est toujours présente, mais aujourd’hui sous une autre forme, par le biais d’outils informatiques. Cependant, Thierry Karsenti, professeur à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal et titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les TIC et l’éducation, mentionne que l’intérêt pour la lecture pourrait croître par le biais de la technologie, mais nous en sommes pas rendu là. Par contre, je pense que l’intérêt pour la lecture diminue à l’adolescence, non pas parce que la technologie a pris une place prédominante, mais plutôt parce qu’à l’adolescence, il est normal que les intérêts du jeune change. Celui-ci priorise maintenant ces amis.  
De plus, les recherches ont montré que la lecture est essentiel à la réussite scolaire. «Pour inciter les jeunes à lire, il faut miser sur le plaisir en lui offrant des modèles et un environnement propice à la lecture, souligne Mme Lavoie, professeure en éducation à l'Université du Québec à Rimouski.» L'enfant continuera par rechercher ce plaisir tout au long de sa vie, puisque la lecture aura été une source d'épanouissement, de passe-temps. Alors pourquoi ne pas utiliser la technologie pour inciter les jeunes à lire et ce, dès un jeune âge, considérant que celle-ci est très attrayante à leurs yeux?
La vidéo qui suit montre clairement l’avantage de lire par le biais d’un ipad. D’une part, les parents n’ont pas besoin de lire avec l’enfant (ce qui est avantageux pour ceux qui ne parle pas la langue) et d’une autre part, il apprend à lire et surtout reste attentionné. Enfin, je suis consciente que tous n’ont pas de ipad, mais avec le temps, la technologie prendra de plus en plus d’ampleur et il sera difficile de raconter une histoire plus intéressante qu’un livre virtuel de la sorte. 






jeudi 12 avril 2012


Le tableau blanc ou le tableau noir?

Le 23 février 2011, Jean Charest lançait un discours concernant un programme de 240 millions de dollars en cinq ans pour procurer des tableaux blancs interactifs à toutes les classes des écoles primaires et secondaires. Rapidement, on peut comprendre l’émergence de la technologie dans l’éducation. 
La presse se demandait ce qui justifiait ce lancement de plusieurs millions de dollars. Le ministère de l’Éducation a répliqué que «La mesure repose sur des analyses effectuées par le Ministère. Les TIC ont un potentiel pour favoriser la réussite scolaire par des approches pédagogiques stimulantes et des ressources didactiques variées offrant la possibilité de différenciation des enseignements.» Cependant, plusieurs, tel que Larry Cuban, restent perplexes. Ce professeur émérite de pédagogie à l’Université Stanford mentionne que: «On trouvera difficilement une recherche prouvant que ces machines améliorent la performance scolaire».
Des millions de dollars sont investit pour des TBI sans même savoir si ils favorisent  la réussite scolaire tandis que des postes en orthopédagogie, en orthophonie sont limités dans les écoles primaires et secondaires. Je ne suis pas contre l’investissement pour des outils technologiques, mais il y a un juste milieu. De plus, plusieurs annoncent que même si les écoles étaient toutes munies de TBI, la plupart ne saurait même pas comment s’en servir. En fait, ils l’utiliseraient comme un tableau noir, donc les avantages du TBI ne seraient pas exploités. Alors une question me vient à l’esprit: pourquoi investir tant d’argent pour un matériel technologique sans avoir de formation? Justement, on veut améliorer l’enseignement, motiver les élèves, réduire le décrochage scolaire en investissant dans des technologies, mais en n’investissant pas dans la formation de son personnel. Il est clair que les outils technologiques ne peuvent être mis de côté puisque ceux-ci font parti intégrante de l’ère d’aujourd’hui, mais il faut aussi prendre en considération que plusieurs enseignants, maintenant assez âgés, n’ont pas grandi dans un environnement si technologique. Enfin, le TBI deviendrait avantageux si la clientèle qui s’en servait serait outillée et formée.
Enseigner avec un tableau blanc interactif sans savoir réellement comment l’exploiter et enseigner avec un tableau noir, revient en fait à la même chose, avec en prime des restrictions budgétaires.